Un policier et deux employées administratives de la police générale ont été présentés hier au juge d’instruction. Ils sont au coeur d’une enquête sur la délivrance frauduleuse de titres de séjour à des étrangers en situation irrégulière.
L’enquête sur les soupçons de corruption dans l’attribution de titres de séjours à des sans-papiers, qui vise des fonctionnaires de la préfecture de police de Paris, s’est recentrée hier sur ses principaux protagonistes. En fin de journée, un commandant en fonction au service de protection des hautes personnalités (SPHP), Christian C., et deux employées administratives de la police générale (service chargé de la délivrance des papiers à la préfecture) ont été présentés à la juge d’instruction Michèle Ganascia en vue de leur mise en examen. Le directeur de la police générale, Yannick Blanc, et son adjoint ont quant à eux été remis en liberté après quarante-huit heures de garde à vue. « Il n’est pas établi qu’ils aient été informés de ce qu’il se passait dans leur service », indique une source proche du dossier.
Une dizaine de personnes interpellées
Les suspects étaient sous surveillance depuis plusieurs mois. Le 29 janvier, le parquet de Paris a confié à Michèle Ganascia une enquête pour « corruption », « trafic d’influence » et « faux et usage de faux ». Au terme de leurs investigations, les policiers de l’unité de soutien aux investigations territoriales (Usit) et de l’inspection générale des services (IGS, la police des polices) ont confirmé les soupçons de corruption dans la délivrance des titres de séjour. Mercredi, une dizaine de personnes ont été interpellées. Yannick Blanc, 52 ans, a déclaré hier soir que sa garde à vue a permis « de clarifier la situation d’un certain nombre d’affaires concernées par cette procédure », confirmant que trois personnes étaient mises en cause dans ce dossier, dont deux de son service. Ces dernières auraient validé des dérogations envoyées par le commandant de police, l’ancien compagnon de l’une d’entre elles, afin d’obtenir des titres de séjour pour certains de ses « contacts » sans papiers. Mais, en échange, selon un pacte de corruption bien établi, le quinquagénaire, aujourd’hui responsable de la sécurité de l’ancien ministre de l’Intérieur Daniel Vaillant, se faisait remettre différents types de cadeaux : téléphones ou utilisation de voitures. Un homme, Simon C., aurait fait lien entre le policier et les bénéficiaires des titres de séjour. Impliqué dans le milieu associatif, Simon C. aurait fait partie des personnes gardées à vue. Il n’était pas possible, hier soir, de connaître sa situation judiciaire.
Source : Presse et agences